Cette fois, si les choses se passent mal au niveau de l’État haïtien on saura qui a laissé faire : les Américains.

C’est en présence de l’ambassadeur américain en Haïti, des responsables de l’USAID, du directeur du nouveau bébé et des ministres de l’Economie, des Finances, de la Planification, de la Coopération externe, de la Justice, de la Sécurité publique, de l’Éducation, de l’Intérieur et des Collectivités territoriales (…) que le Projet d’appui à la gestion efficace des ressources de l’Etat (GERE) a été lancé en grande pompe le 3 décembre pour une durée de trois ans. 

Dans ses propos de circonstance, l’ambassadeur Michèle J. Sison a insisté pour dire que le projet comporte une importante composante de lutte contre la corruption. GERE, c’est le petit nom du projet miracle, va aider à moderniser les structures d’audit interne au sein des ministères et des institutions publiques.

Le projet va fournir un support technique à l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC) pour l’aider à mettre à jour sa stratégie nationale de lutte contre la corruption.

Avec a à sa tête Uder Antoine, ancien directeur exécutif du dernier Conseil électoral provisoire et candidat au poste de premier ministre récemment sur les courtes listes des prétendants préférés de Jovenel Moïse, le projet sera-t-il la machine qui va recueillir les preuves qui font toujours défaut quand il faut instruire les maux qui rongent l’administration publique haïtienne.

Le projet est-il un brevet d’incompétence décerné aux institutions haïtiennes en général. GERE, quel nom pour un support d’appui !

Pour des observateurs GERE apparaît cependant comme la réponse des États-Unis pour supporter le gouvernement allié de Jovenel Moïse attaqué sur la corruption et la mauvaise gouvernance.

D’ailleurs l’ULCC ne vient-elle pas de voir nommer à sa tête un directeur général qu’on ne peut pas accuser, à entendre ses déclarations passées, d’être tendre avec le président Moïse ? Un directeur qui est attendu aux résultats pour faire la différence avec tous ses prédécesseurs. 

Mais aussitôt installé, GERE affiche déjà ses limites. Il sera soit un projet bureaucratique et budgétivore comme les amis d’Haïti en promeuvent tant, soit un paravent politique pour servir à cacher les péchés d’un gouvernement ami en grande difficulté.

Pour le moment, si tous les spécialistes des payrolls grassement gras de l’USAID se réjouissent, si les fonctionnaires espèrent déjà ordinateurs, véhicules, frais et séminaires à gogo, rien n’indique que quelque chose va changer dans le cours normal de la marche de la mauvaise gouvernance et de la corruption en Haïti. 

Les États-Unis ont supporté tellement de projets sans impacts profonds ces dix dernières années en Haïti (…)

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