Les tensions entre l’Iran et les États-Unis ont monté d’un cran avec la mort commandée par Donald Trump du général iranien Qassem Soleimani en sol irakien. Voici six questions pour comprendre pourquoi le président américain a autorisé cette attaque et comment celle-ci risque de compromettre la stabilité de la région.

1. Qu’est-ce qui a mis le feu aux poudres?

Les relations irano-américaines se sont envenimées à la fin de l’année. Des dizaines de roquettes se sont alors abattues sur des zones où se trouvaient des diplomates et des militaires américains en Irak.

L’une d’elles a tué, fin décembre, un sous-traitant américain.

Les États-Unis ont répliqué en frappant à leur tour les bases des brigades du Hezbollah, une faction pro-Iran en Irak qu’ils tenaient pour responsable.

Puis une foule acquise à l’Iran,et hostile à la présence américaine en Irak a investi l’ambassade américaine dans la Zone verte ultrasécurisée du centre-ville de Bagdad.

Le coup de grâce a été donné par Donald Trump, qui a ordonné le raid aérien tuant notamment le puissant général iranien Qassem Soleimani et Abou Mehdi Al-Mouhandis, le numéro deux du Hachd Al-Chaabi, près de l’aéroport international de Bagdad.


2. Qui étaient Soleimani et Al-Mouhandis?

Le général Qassem Soleimani était le chef de la force Al-Qods. Cette unité d’élite du Corps des gardiens de la révolution islamique est la branche la plus importante des forces armées iraniennes.

Chargé des opérations extérieures pour le compte du régime iranien, il a renforcé le poids diplomatique de Téhéran en Irak et en Syrie, notamment. Le général est considéré, après l’ayatollah Ali Khamenei, comme l’homme le plus influent du pays.

Perçu comme un héros en Iran, Soleimani était toutefois considéré par les États-Unis comme un terroriste. Ils ont d’ailleurs justifié sa mort parce qu’il fomentait, selon eux, des attaques ciblant les Américains en sol irakien.

Abou Mehdi Al-Mouhandis, l’homme de l’Iran en Irak, était quant à lui un haut dirigeant du Hachd Al-Chaabi. Créée en 2014, cette coalition de paramilitaires irakiens est dominée par des factions pro-Iran, la plus radicale étant les brigades du Hezbollah.


3. Que font les États-Unis et l’Iran en Irak?

L’Irak est pris en étau entre les États-Unis et l’Iran depuis le renversement du régime de Saddam Hussein en 2003. Les Américains y sont restés huit ans et ont contribué, jusqu’à leur départ en 2011, à l’installation d’un nouveau système politique.

C’est la montée du groupe armé État islamique (EI) qui a mené au retour, en 2014, de plus de 5000 militaires américains en sol irakien, dans le cadre de la coalition internationale antidjihadiste menée par les États-Unis.

L’Iran a aussi soutenu l’Irak dans sa lutte contre l’EI avec des milices paramilitaires, notamment le Hachd Al-Chaabi, aujourd’hui intégrées aux forces armées du pays.

L’EI n’étant plus aussi menaçant qu’avant, ces milices créées pour le combattre sont perçues dorénavant comme une plus grande menace pour les Américains. Il faut dire que les membres du Hachd Al-Chaabi sont en grande partie des Irakiens qui avaient lutté contre l’occupation américaine de 2003 à 2011.

4. Comment sont-ils perçus par les Irakiens?

Des hommes en colère enflamment un drapeau.

Des manifestants s’apprêtent à brûler un drapeau américain à Téhéran au lendemain de l’assassinat du général iranien Qassem Soleimani par les États-Unis.

Le peuple irakien est divisé.

Le pays est secoué depuis octobre par une révolte populaire contre la corruption du pouvoir en place. Le mouvement a d’ailleurs mené à la démission du premier ministre Adel Abdel Mahdi en novembre.

Les manifestants protestent aussi contre l’influence grandissante de l’Iran dans les affaires internes de leur pays. Même si ce sont les États-Unis qui ont géré la transition politique, l’Iran s’est taillé une place proche du pouvoir.

L’intégration du Hachd Al-Chaabi aux rangs irakiens a aidé à renforcer l’influence de l’Iran en Irak, contribuant du même coup à l’essoufflement de celle des États-Unis.

La République islamique tente d’assurer sa présence en faisant nommer un élu qui serait près de ses intérêts comme prochain premier ministre. Le général Soleimani participait d’ailleurs aux négociations pour la formation du futur gouvernement irakien.

Le président irakien Barham Salih a toutefois menacé de démissionner, fin décembre, refusant de proposer au Parlement le nom du candidat des pro-Iran.

Les assassinats de Soleimani et de Mouhandis ont donc été applaudis par ceux qui dénoncent la mainmise de l’Iran sur l’Irak. Mais avant, les raids des États-Unis avaient aussi provoqué l’indignation générale en Irak, et attisé le sentiment antiaméricain, notamment dans les rangs du Hachd.

Les États-Unis et l’Iran, deux ennemis de longue date, risquent aujourd’hui de faire de l’Irak leur champ de bataille.

5. Quelle sera la suite?

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