Haïti a fait la une de la presse internationale vendredi. Comme souvent, ce n’est pas dans le bon sens, mais à cause de nos drames récurrents. Cette fois-ci, ce sont 15 personnes – 13 enfants et deux adultes – qui sont mortes dans un incendie à Fermathe. Parmi les victimes figuraient deux personnes handicapées. Quelle horreur de voir des enfants placés dans un orphelinat connaître une fin si tragique ! Vu le niveau d’irresponsabilité de nos autorités ajouté au délabrement avancé de l’État, il est certain que ce ne sera pas notre dernier drame. Dommage!

Derrière la tragédie de Fermathe se cache une autre. La majorité des orphelinats du pays fonctionnent dans l’illégalité. Seuls 35 des 756 orphelinats recensés dans le pays sont enregistrés. C’est l’Institut du Bien-être social et de Recherches (IBESR), l’institution publique chargée de les contrôler, qui a révélé l’information. Pas étonnant que l’IBESR n’ait ni le personnel suffisant ni les ressources matérielles nécessaires pour superviser le fonctionnement des 35 orphelinats reconnus. D’ailleurs, le centre d’accueil de Carrefour, créé et géré par l’État, n’est pas mieux loti que les autres orphelinats du pays. En matière de protection de l’enfant, comme dans d’autres domaines, l’État ne donne jamais le ton.

Le drame de Kenscoff arrive à un moment où les mauvaises nouvelles s’accumulent en Haïti. L’insécurité, notamment le kidnapping, prend des proportions inquiétantes. N’ayant plus de confiance dans les autorités, beaucoup préfèrent rester chez eux pour éviter d’être la proie des kidnappeurs. Depuis le début de cette semaine, Port-au-Prince donne l’allure d’une ville en grève. Des parents hésitent à envoyer leurs enfants à l’école. Dès la tombée de la nuit, tout le monde se précipite à la maison. Le climat de peur est alimenté par les cas de kidnapping documentés ainsi que les rumeurs de toutes sortes circulant sur les réseaux sociaux.

Comme si l’insécurité ne suffisait pas, le pays fait face à un rationnement drastique du courant électrique. On rapporte même que le drame de Fermathe résulterait d’une bougie qu’on allumait pour éclairer le centre. Voilà une conséquence du black-out qui sévit à Port-au-Prince. On se rappelle que l’une des promesses phares du président Jovenel Moïse est l’établissement de l’électricité 24/24. Le lourd bilan de l’incendie de l’orphelinat de Fermathe met aussi à nu nos services de secours qui ne se donnent pas les moyens de jouer leur rôle. Le bilan de la catastrophe pourrait être moins important si les pompiers étaient arrivés sur les lieux à temps. Voilà des problèmes qui devraient nous interpeller.

Le drame de Fermathe nous rappelle notre vulnérabilité en matière de sécurité publique. Ce dernier souligne, à l’encre forte, que la plupart de nos institutions n’existent que de nom (…)

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