Soixante-huit Haïtiens ont été déportés vers Haïti par les autorités américaines. Ils sont arrivés à Port-au-Prince le mardi 7 avril 2020. Le ministre des Affaires étrangères, Claude Joseph, a fait le point sur ce dossier le même jour en conférence de presse. Selon lui, ces 68 Haïtiens ne sont pas des criminels, mais vivaient en situation irrégulière aux États-Unis. Le chancelier haïtien affirme que le nombre de déportés aurait été plus élevé s’il n’y avait pas eu des discussions entre les autorités des deux pays. 

Claude Joseph a plus loin assuré que ces compatriotes ne présentent aucun symptôme de la maladie du nouveau coronavirus. «Les deux parties ont adopté un train de mesures. Le Département de la Sécurité intérieure et l’Agence pour l’application des lois pour l’immigration et la douane ont réalisé des examens médicaux pour tous les détenus en voie de déportation. C’est ce protocole que nous avons suivi. Ceux qui présenteront des symptômes seront isolés afin d’empêcher la transmission de la maladie. Du côté d’Haïti, les concernés seront mis en quarantaine. La prise en charge sera assurée par le ministère de la Santé publique et de la Population», soutient-il. 

Selon le ministre des Affaires étrangères, accueillir ces 68 Haïtiens est un geste de solidarité. «En Haïti, nous avions nos inquiétudes. Ces compatriotes n’ont pas commis de crime, mais ils étaient détenus dans des centres où plus ils y étaient détenus, plus la probabilité d’être contaminés était élevée. Quelque part, c’est quasiment un couloir humanitaire qui a été ouvert pour permettre à nos frères et sœurs de regagner leur pays. Voyons cela comme un geste de solidarité […] Ces compatriotes sont attendus en Haïti. Ils sont attendus chez eux, dans leur pays. Nous allons les recevoir dignement en tant que frères et sœurs haïtiens. C’est très important pour nous. L’heure est à la solidarité. Nous ne devons pas céder à la panique. On doit les recevoir. Ces déportés ne sont pas des criminels. Ils ont été en situation irrégulière sur le territoire américain. Nous avons demandé aux autorités américaines de surseoir aux déportations de ceux qui ont des antécédents criminels», a fait savoir le ministre qui invite à voir le verre à moitié plein. 

Claude Joseph a démenti des «rumeurs» selon lesquelles ces déportés étaient exposés au coronavirus. «Toute personne provenant des États-Unis est exposée au virus. Au niveau du gouvernement, particulièrement du côté du MSPP, des mesures seront adoptées pour isoler ces compatriotes afin de réduire toute probabilité de contamination», a-t-il ajouté. 

Sur les examens médicaux, Claude Joseph a précisé qu’il ne s’agit pas d’un test de coronavirus. «Les autorités américaines ont effectué ces examens et isolé ceux qui sont symptomatiques. Cela ne prend pas beaucoup de temps pour être infecté au Covid-19. On peut avoir été testé négatif avant l’embarquement et attraper la maladie durant le trajet. Ce qui est sûr c’est que les autorités haïtiennes s’assurent que ceux qui arrivent ne manifestent aucun symptôme de la maladie». 

Selon Claude Joseph, les déportations américaines ne concernent pas uniquement Haïti. Le ministre des Affaires étrangères a dans la foulée souligné que grâce aux négociations, Haïti reçoit moins de déportés que d’autres pays. «Il y avait un nombre significatif de compatriotes qui devaient arriver. Ils proviennent de plusieurs centres de détention», a-t-il fait savoir. 

Par ailleurs, le journal Miami Herald, citant des avocats de l’immigration, a évoqué 14 ressortissants haïtiens, au moins, qui devraient embarquer ce mardi sur un vol d’expulsion d’Alexandrie, en Louisiane, vers Port-au-Prince. «Parmi les passagers figure un détenu qui avait été exposé au coronavirus alors qu’il se trouvait dans une cellule d’immigration dans deux établissements différents (à Massachusetts et dans le New Hampshire)», soutient le journal. 

Le board éditorial du journal américain a qualifié de punition cruelle et habituelle la décision de l’administration américaine d’orchestrer ces déportations. Le journal a également critiqué la décision de l’administration américaine qui réduit considérablement les fonds de l’USAID pour Haïti et met un terme au programme de réunification des familles haïtiennes. 

«Infliger des douleurs à Haïti semble être une habitude», note le journal qui appelle à cesser cette cruauté.

Dans cet éditorial, Miami Herald demande au président Jovenel Moïse d’intervenir directement auprès de l’administration Trump. «Après tout, Moïse a tourné le dos à son bienfaiteur, Nicolas Maduro, et a reconnu Juan Guaido, l’ennemi juré de Maduro, en tant que président du pays (…)

Le ministre des Affaires étrangères a également fait le point sur l’arrivée, le 5 avril dernier, de compatriotes venant des îles Turques-et-Caïques. Selon le chancelier, ces Haïtiens n’ont passé qu’une seule journée aux îles Turques. «Encore une fois, nous avons accueilli nos frères et sœurs dignement», a-t-il déclaré. 

Claude Joseph a également souligné que le gouvernement est préoccupé par les déportations des haïtiens de la République dominicaine. Il souligne qu’il a des communications avec l’ambassadeur dominicain en Haïti et le chancelier dominicain sur ce sujet. «Nous travaillons ensemble afin de résoudre ce problème. Nous sommes dans un moment de crise. La solidarité entre les peuples est nécessaire», conclut-il.

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